La Grande-Bretagne vote le Brexit : So What ?

Edito :  

Les conséquences de ce vote seront certainement considérables pour ce pays, l’option ultime étant son éclatement avec une Ecosse qui revendiquerait sa souveraineté au sein de l’UE et une Irlande du Nord qui exigerait son rattachement à la République d’Irlande. De nombreux politologues, économistes et experts de toutes sortes l’on déjà évoquée et continueront à le faire.

Mais quelles conséquences pour l’économie française et plus particulièrement pour nos entreprises ?

Concernant l’industrie financière dont la City s’était faite le champion, il est possible qu’une partie quitte le sol britannique mais pour quel motif ? Les outils, les structures et les équipes en place sont les meilleures de l’espace européen et, que l’on sache, le Royaume-Uni n’avait pas adopté l’euro, ce qui ne l’empêchait pas de jouer son rôle d’intermédiation sur le marché de cette devise. Une banque comme HSBC, qui est une banque asiatique, n’a pas d’intérêt évident à délocaliser ses équipes. Et si c’est juste une question de réglementation, des antennes situées en UE pourront très bien faire l’affaire. Il n’est donc pas certain que la place de Paris profite énormément de ce vote.

Concernant les entreprises (l’économie réelle, comme on dit), là aussi, il n’est pas certain que ce vote entraîne des bouleversements majeurs à court terme.

La balance commerciale de la France avec la Grande-Bretagne est une des rares balances commerciales excédentaires en notre faveur. On pourrait craindre que la dévalorisation de la £ face à l’€ entrave nos exportations vers ce pays, mais il faut savoir que nous exportons essentiellement des biens et que nous importons essentiellement des services. La Grande-Bretagne étant devenu un pays très sous-industrialisé, il lui sera difficile de se passer de nos exportations, même devenues plus chères.

Donc, dans l’immédiat, il ne nous semble pas que le Brexit puisse avoir un impact majeur sur le cash-flow de nos entreprises.

Les risques à long terme sont plus insidieux et sont le risque de contagion et le risque de réputation.

Le risque de contagion est que référendum après référendum, l’UE se délite complètement. En France, compte tenu de l’état de notre économie, du poids de la dette publique et de l’incapacité du pays à se réformer, les garde-fous de l’Union Européenne qui se révèlent actuellement bien utiles, viendraient alors à manquer.

Le risque de réputation est que l’Union Européenne, vue d’Asie ou des Amériques, est décidément une construction bien complexe et peu stable dans laquelle il faut investir avec prudence.

Ces deux risques auraient, pour le coup, un impact négatif bien réel sur le développement de nos entreprises et par conséquent, sur l’emploi.

Alain Tabuteau / entreprendrevo@gmail.com

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